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Baccarat, La maison Gripoix et l’Heure Bleue

Les nouvelles versions du flacon du légendaire parfum a de quoi ravir les amateurs de verrerie, comme les amoureux de fragrances. La Maison Gripoix, la Maison Baccarat et Guerlain ont travaillé ensemble et le résultat est un joyau. 

Guerlain et les Maisons d’art avec lesquelles le parfumeur a travaillé ont des anniversaires à fêter, et pas des moindres. Cette année, c’est le centième anniversaire de l’Heure Bleue. La Maison Baccarat et la Maison Gripoix présente de nouvelles versions du flacon qui a pendant cent ans contenu la divine essence.

Ainsi le « quadrilobé », flacon légendaire créé en 1908 se pare d’une couleur bleue plus sombre, teintée  dans la masse par les artisans de la manufacture Baccarat. Soufflé à la bouche, coupé, poli et gravé à la main, la pièce est indéniablement artisanale. En édition limitée, bien entendu.

La touche de la Maison Gripoix? Un bijou conçu en exclusivité par la fameuse Maison de création de bijoux parisienne. Il s’agit d’un véritable joyau doré à l’or fin prenant la forme  d’bouquet de violettes en pâte de verre cristalline ciselé à l’or fin 24 carats. Pour protéger ce trésor de raffinement:  un écrin en cuir.

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Morphopsychologie et parfumerie: quand Guerlain personnalise votre fragrance

La morphopsychologie n’est pas une science exacte et a été décriée pour ses dérives. Il serait néanmoins dommage de la dénigrer en bloc car elle offre la possibilité, quand elle est pratiquée sans abus, de se connaître mieux. Des professionnels proposent d’en faire un moyen d’harmoniser image interne et externe d’un individu, notamment dans l’univers de la parfumerie. 

Coiffeurs visagistes, instituts de relooking, mais aussi maisons de parfum  explorent les hypothèses soulevées par la morphopsychologie, connue comme étant l’étude de forme et des aspects humains qui sont en liaison avec les caractères. L’offre des professionnels ne peine pas à rencontrer une demande croissante aspirant à retrouver une nouvelle confiance en soi via la mise en valeur des atouts de la personnalité.

Pour le morphopsychologue, l’étude du visage se divise en trois niveaux : La partie supérieure, qui comprend le front et les yeux, traduit le degré de la compréhension rationnelle du monde ; la partie médiane, avec les pommettes et le nez, qui exprime la perception intuitive du monde ; Enfin, la partie inférieure, où se trouve mâchoire et bouche, qui indique notre appréhension pratique du monde. Les analyses se portent sur l’équilibre entre ces trois parties.

En étudiant la morphologie d’un visage, les morphopsychologues portent à la connaissance d’un individu, ou éclairent, les traits de son caractère. Ce faisant, ils lui permettent d’identifier ses forces et ses faiblesses et d’adapter en conséquence les attributs de son apparence en valorisant les premières tout en améliorant les secondes.

Ce peut être la tâche d’un parfumeur qui, en suivant cette démarche, sera capable d’identifier les préférences olfactives du client. La maison de parfum Guerlain offre  la possibilité de consulter un expert en parfum qui, à partir d’une étude de la morphopsychologie, va travailler avec des éléments d’études comportementales et de colorimétrie pour trouver un parfum qui convienne parfaitement.

L’expert vous confronte à un orgue à parfums, afin que vous choisissiez, parmi plusieurs univers olfactifs qui feront plus ou moins appel à vos souvenirs, les senteurs qui évoquent des moments de votre vie ou des sensations agréables. Au terme de la séance, deux ou trois parfums vous seront recommandés ainsi que des conseils sur la manière de se parfumer.

Plusieurs boutiques Guerlain vous proposent de tenter l’expérience.

 


La nature et la synthèse en parfumerie

A l’ère du tout naturel, les grandes marques dans le secteur des cosmétiques, et plus particulièrement dans le secteur de la parfumerie font face aux nouvelles exigences des consommateurs qui, mal informés, rejettent les fragrances utilisant des molécules de synthèse. Or c’est un contresens que de vouloir une fragrance exclusivement naturelle.

Pour certains consommateurs, il arrive que la qualité d’un parfum se cantonne à l’origine des matières premières. La confusion est courante entre produit naturel et produit de qualité, et il est facile d’amalgamer les composants synthétiques à une consommation à risque. En parfumerie, une fragrance de qualité est le plus souvent constitué d’éléments naturels et d’élément synthétiques. La véritable qualité se définit autrement.

La vraie démarche qualité se traduit en priorité par la traçabilité des matières premières.  Le parfumeur soucieux de qualité va surveiller les conditions de production des matières première et va opérer une sélection en fonction de sa personnalité et de ses préférences pour élaborer le produit final, que ce dernier pourra se targuer de qualité.

Ainsi, en plus des normes de plus en plus précises qui s’applique eu secteur de la parfumerie, s’ajoute l’amour du parfumeur pour les composants. Ainsi Jean Claude Hellena chez Hermès confie son goût croissant pour l’épure et sa sélection de plus en plus restrictive des molécules qu’il fait intervenir lors de sa création. Jacques Polge, chez Chanel, insiste sur le fait qu’en plus de la qualité des matières premières il s’intéresse aux possibilités de variations et d’interprétation auxquelles elles donnent lieu, et surtout à leur pérennité.

De son coté, Thierry Wasser, parfumeur chez Guerlain, sait par exemple que pour l’Eau Impériale de Guerlain dégage le parfum exigé, il est nécessaire que les fleurs de bergamotiers et d’orange-bigaradiers – qui donnent l’essence de Neroli, constitutive de l’eau de Cologne – soient soumises à un ensoleillement et une pluviosité savamment équilibrée. C’est pour cela qu’il surveille de près surveille la qualité de ces essences produites en Calabre, à l’extrême sud-ouest de l’Italie.

Autre argument de poids allant à l’encontre du privilège donné aux produits naturels : la recréation des matières premières en laboratoire évite d’avoir recours  des ressources protégées, car menacées de disparition.

En outre, la synthèse permet aussi d’accroître la créativité des parfumeurs, et même de reproduire des molécules dont l’odeur n’existe pas à l’état naturel.


Devenir parfumeur ou le long parcours d’un démiurge

Plus j’alimente ce blog, plus l’univers du parfum suscite mon admiration, en particulier le savoir faire des parfumeurs. Je me suis penché sur cette activité peu connue et transversale, au croisement de différents métiers. Même s’il est trop tard pour moi,  l’affinement des techniques en parfumeries et l’ouverture de nouvelles formations sont susceptibles d’inspirer des vocations inattendues.

Le métier de parfumeur, aussi appelé « nez » ou « créateur de parfum, possède une particularité qui le rend relativement difficile d’accès: sa polyvalence. Doté d’une mémoire irréprochable, un parfumeur doit aussi détenir de solides connaissances scientifiques et faire preuve de créativité. Enfin, il doit être à l’affût des dernières tendances afin d’inscrire ses créations dans l’air du temps et maîtriser quelques notions de marketing pour être en position de les vendre.

Patience et persévérance sont aussi deux de ses principales vertus. Il faut prendre le temps de s’approprier quelques 400 matières premières, pour être éventuellement ensuite capable d’enregistrer 1500 à 2000 odeurs. ce n’est pas pour rien si la formation est aussi longue. En France, l’ISIPCA (Institut supérieur international de la parfumerie, de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire) accepte chaque année vingt candidats dans l’option parfumerie. Ceux-ci doivent être titulaires d’un diplôme d’études universitaires générales de chimie ou de biochimie. Le cursus de formation est alors de deux ans de cours théoriques alternés de stages pratiques dans des sociétés de parfumerie. Il faut ensuite faire ses preuves sur le terrain.

Une fois tous les obstacles surmontés, les opportunités de création se révèlent passionnantes : comme un compositeur entend sa mélodie avant de la coucher sur le papier, le parfumeur est capable de sentir mentalement sa fragrance avant d’en écrire la formule. Il est démiurge, usant de ses connaissances et de l’infinie palette des associations pour accoucher de la composition qu’il aura imaginée.

La profession a connu un certain nombre d’évolutions et offre un nouvel horizon aux jeunes qui voudraient s’engager dans cette voie. Quand il était question d’artisanat il y a encore quelques années, on parle aujourd’hui d’industrie et même de business. De plus, de nouvelles mesures de législation et de prix des matières premières naturelles sont venues à la fois contraindre et renouveler la pratique du métier.

Guerlain n’est pas en reste avec Thierry Wasser, un « nez » infaillible détenteur de 3000 odeurs et  dont les compositions font mouche à chaque fois.


Pierre-François-Pascal Guerlain: fondateur et frondeur

Laissons de coté pour quelques temps, mais ce sera pour mieux y revenir plus tard, les aspects techniques de la conception de parfum, et penchons sur la passionnante saga de Guerlain.

Si la maison est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce que des hommes d’exception l’ont fait vivre et grandir, lui conférant cette image de faste et de prestige qu’elle conserve toujours aujourd’hui. Commençons par le commencement et retraçons le parcours de Pierre-François-Pascal Guerlain, le génial fondateur de la maison de parfum.

Né le 3 avril 1978, Pierre-François-Pascal Guerlain est issu d’une famille française picarde. Il quitte le foyer familial à 19 ans et se fait engager comme « commis marchand » par la maison Briard, fabricant et commerçant en parfumerie, puis travail au sein des sociétés Dissey et Piver grâce auxquelles il va parfaire ses connaissances.

Sachant qu’à cette époque l’Angleterre connaît un bel essor économique et industriel et qu’elle excelle dans les domaines du parfum et des produits de beauté, Pierre-François-Pascal Guerlain part y étudier et suit les cours de médecine et de chimie. Il devient familier des molécules, des secrets botaniques, des proportions et des compositions et retourne en France mettre en pratique ses connaissances.

En 1828, Pierre-François-Pascal ouvre une boutique au 42, rue de Rivoli, en tant que parfumeur vinaigrier. Appliquant une stratégie simple et bien menée, il importe des produits qui font fureur outre-Manche, telle que la « Lotion de Gowland » ou le « Royal Extractof Flowers » qui serait le parfum préféré de la reine Victoria. Parallèlement, il installe son usine à la barrière de l’Étoile. Dans son laboratoire, il va travailler à ses premières créations.

Fort de son succès, il s’installe au 15, rue de la Paix et devient fournisseur de la grande‑duchesse de Bade, de celle de Wurtemberg et de Sa Majesté la reine des Belges.

Conscient de la nécessité d’élargir sa distribution, ses voitures sillonneront une cinquantaine de villes en France pour livrer ses dépositaires, sélectionnés par ses soins avec la rigueur et la minutie que chacun lui reconnaît. Puis il élargit ses prétentions géographiques et commence par les grandes villes européennes puis gagne des villes telles que Moscou, Calcutta ou encore New York. Presque partout dans le monde, il est possible d’avoir un « Guerlain » !

Il devient leur fournisseur attitré et parfume la reine Victoria, la reine Isabelle d’Espagne, l’impératrice d’Autriche, l’inoubliable Sissi, sans oublier les cours d’Europe centrale et celle de Saint-Pétersbourg avec le « Bouquet de Furstemberg » et « l’Eau de Cologne Russe ».

Sa devise, inscrite sur le fronton de l’usine, est devenue le credo de la société et chaque employé doit la savoir et surtout l’appliquer ! « Faites de bons produits, ne cédez jamais sur la qualité. Pour le reste, ayez des idées simples et appliquez-les scrupuleusement. » Cette déclaration de foi se perpétuera au fil des générations.

En 1853, Pierre-François-Pascal connaît une nouvelle gloire. Sa Majesté l’impératrice Eugénie lui décerne le titre de « parfumeur breveté de Sa Majesté » pour la création de la magistrale « Eau de Cologne Impériale » que le parfumeur a conçue uniquement pour elle. À cette occasion, Pierre‑Francois‑Pascal commande à son verrier, Pochet & du Courval, l’emblématique flacon dit aux « abeilles ».

En 1862, il cédera la place à son fils Aimé. Son sens inné de l’histoire lui a permis de comprendre ses contemporains et de devancer leurs attentes.