Archives de Tag: femmes

Guerlain et ses femmes

Michelle Yeoh vient d’être choisie comme égérie par la maison. Encore un choix de prestige pour Guerlain, qui a toujours fait preuve de la plus grande attention quand il s’agissait de choisir ses ambassadrices. Retour sur les femmes de Guerlain.

En 1996, pour rendre hommage à la plus belle avenue du monde,  Guerlain dédie ce floral lumineux  et pétillant a base de mimosa , à celle qui incarne, dans toute sa splendeur, la parisienne chic, belle et spirituelle : Sophie Marceau.

En 2006,  Guerlain donne naissance à un parfum pour pour une femme charismatique, excessive et audacieuse : Insolence. Un floral qui traite les fleurs de la parfumerie classique clin d’oeil à  après l’ondée et Heure bleue,  avec une nouvelle extravagance, signe évident de sa modernité. Qui mieux qu’Hilary Swank, attachante mais tenace boxeuse de One Million Dollar Baby récompensée par un Oscar en 2004,  pour incarner l’esprit de la fragrance?

Pour Idylle, fragrance à la Rose Bulgare dont le bouquet est doté d’un accord chypre , de patchouli et de muscs blancs. . C’est Nora Arnezeder, sublime actrice et chanteuse qui s’est fait remarqué dans faubourg 36 , qui a été élue par la maison.

Aujourd’hui, pour construire un pont tout en élégance et beauté entre l’Europe et l’Asie, Guerlain a fait appel à Michelle Yeoh. Gageons que la collaboration sera aussi réussie que les précédentes!

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Guerlain et les femmes au début du XXe siècle: sous le signe de l’orient

Comment Guerlain a-t-il su anticiper les désirs de la femme, et de quelle façon ses créations ont-elles incarné ces désirs? Penchons-nous sur le don qu’a toujours manifesté la maison de parfum pour plaire à la gente féminine, et commençons par le début du XXe siècle et ses aspirations orientales.

Après la première guerre mondiale, le monde entre dans une ère d’infinies possibilités mais aussi de grande d’incertitude. Pour oublier le passé, chacun veut vivre intensément, follement.Paris change de visage. L’électricité illumine les avenues, les voitures, comme les Panhard ou De Dion‑Bouton, envahissent les carrefours ; Mues par une audace toute neuve, les femmes dévoilent… leurs chevilles et, grâce à Paul Poiret, abandonnent leurs corsets et leurs lacets.Très vite, Coco Chanel fait la pluie et le beau temps de la mode féminine et ose l’ourlet jusqu’au genou. La robe longue n’est usitée que pour les grands soirs.

Dans ces années éperdues, Guerlain va tenter de donner à la femme qui se simplifie à outrance, qui semble vouloir se dépouiller de toutes ses armes, le regain nouveau d’un charme inattendu.

Au seuil des années 20,le Japon est en passe de devenir le pays de référence culturelle.  Jacques Guerlain s’en inspire et baptise sa nouvelle création « Mitsouko », le prénom d’une héroïne du roman La Bataille, de son ami écrivain Claude Farrère. « Mitsouko », cette merveilleuse gerbe de chypré fruité, est un parfum à la formule concise qui, aux dires de Jean-Paul Guerlain, « possède l’odeur rêvée d’une peau de femme. »

Dans l’histoire de la femme française, l’année 1925 a marqué une date importante car l’Exposition internationale des Arts décoratifs, en mettant la parfumerie au premier rang des industries de luxe, lui a restitué sa véritable place. Le flacon de « Shalimar », dessiné par Raymond Guerlain, représente la société Guerlain au sein de cette exposition installée dans le hall du Grand Palais et symbolise ces Arts déco inventifs et riches qui puisent dans les matières les plus rares, les plus exotiques. C’est inspiré par cet état d’esprit que Jacques Guerlain, en 1920, composera « Shalimar » qui connaîtra le succès mondial en 1925.

Le monde  des années 30 est en effervescence. Les pays lointains comme le Japon et la Chine, dont on a découvert les trésors artistiques lors de la dernière Exposition des Arts déco, attisent l’envie d’aller voir sur place ces merveilles. Guerlain répond à cette demande et « Liu », inspiré par l’héroïne de l’opéra de Puccini, Turandot, ose un flacon en forme de boîte à thé chinoise réalisé par Baccarat. Ce désir d’exotisme, d’aller au bout du monde, Jacques le concrétise par un parfum, « Sous le vent », qu’il dédie à Joséphine Baker dont il admire la personnalité extravertie.

les années se terminent sur du premier salon de beauté au monde, au premier étage du 68, avenue des Champs‑Élysées. Très vite, les femmes se pressent dans ce nouveau lieu de l’élégance décoré par Christian Bérard à qui l’on doit la sublime tapisserie de « l’alcôve aux parfums », Jean‑Michel Frank et son mobilier aux lignes fluides, Giacometti et ses appliques fleurs.