Pierre-François-Pascal Guerlain: fondateur et frondeur

Laissons de coté pour quelques temps, mais ce sera pour mieux y revenir plus tard, les aspects techniques de la conception de parfum, et penchons sur la passionnante saga de Guerlain.

Si la maison est ce qu’elle est aujourd’hui, c’est parce que des hommes d’exception l’ont fait vivre et grandir, lui conférant cette image de faste et de prestige qu’elle conserve toujours aujourd’hui. Commençons par le commencement et retraçons le parcours de Pierre-François-Pascal Guerlain, le génial fondateur de la maison de parfum.

Né le 3 avril 1978, Pierre-François-Pascal Guerlain est issu d’une famille française picarde. Il quitte le foyer familial à 19 ans et se fait engager comme « commis marchand » par la maison Briard, fabricant et commerçant en parfumerie, puis travail au sein des sociétés Dissey et Piver grâce auxquelles il va parfaire ses connaissances.

Sachant qu’à cette époque l’Angleterre connaît un bel essor économique et industriel et qu’elle excelle dans les domaines du parfum et des produits de beauté, Pierre-François-Pascal Guerlain part y étudier et suit les cours de médecine et de chimie. Il devient familier des molécules, des secrets botaniques, des proportions et des compositions et retourne en France mettre en pratique ses connaissances.

En 1828, Pierre-François-Pascal ouvre une boutique au 42, rue de Rivoli, en tant que parfumeur vinaigrier. Appliquant une stratégie simple et bien menée, il importe des produits qui font fureur outre-Manche, telle que la « Lotion de Gowland » ou le « Royal Extractof Flowers » qui serait le parfum préféré de la reine Victoria. Parallèlement, il installe son usine à la barrière de l’Étoile. Dans son laboratoire, il va travailler à ses premières créations.

Fort de son succès, il s’installe au 15, rue de la Paix et devient fournisseur de la grande‑duchesse de Bade, de celle de Wurtemberg et de Sa Majesté la reine des Belges.

Conscient de la nécessité d’élargir sa distribution, ses voitures sillonneront une cinquantaine de villes en France pour livrer ses dépositaires, sélectionnés par ses soins avec la rigueur et la minutie que chacun lui reconnaît. Puis il élargit ses prétentions géographiques et commence par les grandes villes européennes puis gagne des villes telles que Moscou, Calcutta ou encore New York. Presque partout dans le monde, il est possible d’avoir un « Guerlain » !

Il devient leur fournisseur attitré et parfume la reine Victoria, la reine Isabelle d’Espagne, l’impératrice d’Autriche, l’inoubliable Sissi, sans oublier les cours d’Europe centrale et celle de Saint-Pétersbourg avec le « Bouquet de Furstemberg » et « l’Eau de Cologne Russe ».

Sa devise, inscrite sur le fronton de l’usine, est devenue le credo de la société et chaque employé doit la savoir et surtout l’appliquer ! « Faites de bons produits, ne cédez jamais sur la qualité. Pour le reste, ayez des idées simples et appliquez-les scrupuleusement. » Cette déclaration de foi se perpétuera au fil des générations.

En 1853, Pierre-François-Pascal connaît une nouvelle gloire. Sa Majesté l’impératrice Eugénie lui décerne le titre de « parfumeur breveté de Sa Majesté » pour la création de la magistrale « Eau de Cologne Impériale » que le parfumeur a conçue uniquement pour elle. À cette occasion, Pierre‑Francois‑Pascal commande à son verrier, Pochet & du Courval, l’emblématique flacon dit aux « abeilles ».

En 1862, il cédera la place à son fils Aimé. Son sens inné de l’histoire lui a permis de comprendre ses contemporains et de devancer leurs attentes.

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